- Dis Monsieur, pourquoi il y a des guerres?
- Il y a des Guerres, parcequ'il y a des hommes!
- Alors ! s'il n'y avait plus d'hommes, il n'y aurait plus de guerre ?
- Je crois que tu as raison, mais vois tu, s'il n'y avait plus d'homme, il n'y aurait plus d'amour!
- Mais alors ! Les guerres sont nécessaires ?
- Tu vois petit, la vie est faite ainsi, il faut vivre pour mourir et mourir pour vivre. Mais toi petit, retournes à tes livres d'images, ne cherche pas à savoir .
Un jour, petit enfant, tu seras grand, et tout ce que tu voyais en rêve te brûlera les yeux, toi qui croyait tant en la chaleur des hommes, tu découvriras leur visage de glace, tu ne comprendras
pas que le monde puisse être fait ainsi; alors tu enfouiras ta tête au plus profond de tes mains, et tu songeras au monde merveilleux dont tu rêvais jadis, à ces hommes heureux de vivre qui
ne cherchaient chez leur voisins, qu'un peu d'or pour enrichir leur esprit, et non du fer pour ravager leur coeur.
Tu vois petit garçon, il faut que tu rêves de toutes tes forces, il faut que tu vives dans ton monde. Je t'en prie mon enfant, ne grandit pas. Le monde que nous les grands avons construit, n'est
pas pour toi, nous ne sommes que de vieux égoîstes, qui en ayant voulu notre bonheur, n'avons récolté que le malheur.
Non ne dis rien, ne nous juge pas du haut de ta conscience, pardonnes nous petit bonhomme, à l'aube de ta vie, de ne t'offrir que des promesses, mais nous n'avons aujourd'hui, plus que nos yeux
pour pleurer, et nos bouches pour crier : "je t'aime, je t'aime..."......
.....Aujourd'hui, je suis devenu grand, et tu n'es plus là pour me consoler, tu sais, Monsieur,j'ai vraiment cru et espéré, et puis il a fallut me résigner.C'est vrai, j'aurais aimé ne pas
grandir, quoi de plus naturel chez un enfant, que de rêver et de rêver encore. Demain, d'autres bambins prendront ma place, et je leur dirais, comme tu me disais autrefois, de rester tel
qu'en eux mêmes.Je ne peux pas Monsieur, je ne peux pas accepter cela, je préfère fermer les yeux, verser des larmes, pour engloutir à jamais les sanglots de la vieJ'aimerai que le temps s'arrête
là, qu'ils restent les enfants et que nous restions les grands.
Dans cette course éffrénée contre la montre, seules compte les minutes, et c'est du bout du tunnel qu'aujourd'hui je te dis "bonne chance".Je n'ai plus rien à rajouter, tu découvriras bien assez
tôt, ce qui bouillait en moi, tu en feras ce que tu voudras, je te demande juste une chose mon enfant, c'est de vivre, de croire et d'espérer ...